Réaction à la suite des propos du ministre Julien Denormandie sur la maison individuelle.

Suite aux déclarations du Ministre du Logement Julien Denormandie lors d’une interview sur BFM Business, concédant qu’il fallait mieux revitaliser les centre villes que de multiplier les maisons individuelles, les réactions des constructeurs de maisons individuelles (FFC) et de la FFB ne se sont pas faites attendre.

« La maison individuelle, c’est un choix de vie… »  disent-ils ! C’est oublier un peu vite les remarques de nombreux « gilets jaunes » qui dénoncent leur isolement sur le territoire, qui doivent acheter et entretenir au moins deux voitures pour aller travailler, faire les courses au supermarché, déposer les enfants à l’école…Alors, pas chère la maison individuelle ?

Et pour les collectivités locales qui ouvrent chaque année des milliers d’hectares à ce type d’habitat, quels investissements directs et différés pour des occupations de dix maisons par hectare, alors que leurs centre villes se désagrègent…

Oui les architectes ont leur mot à dire dans ce domaine et le Syndicat de l’Architecture, une fois n’est pas coutume, appuie les propos du ministre.

Il rappelle que début 2018 il a lancé un concours ouvert sur « Le logement en questions » et que sur les 67 projets reçus, le plus grand nombre s’est prononcé pour lutter contre l’étalement urbain, revitaliser les centre villes, transformer, réhabiliter, donner de la flexibilité au logement, intégrer la nature au bâti…

Les architectes ne sont pas de doux rêveurs, ils veulent contribuer au mieux vivre de tous, favoriser l’épanouissement de chacun dans des structures urbaines partagées. Revitaliser les centres  ce n’est pas se contraindre à « vivre dans du vieux » La ville, de tous temps s’est transformée sur elle même en évitant de s’étendre au delà du raisonnable. La densité  favorise le vivre ensemble pour peu qu’elle ne confine pas les gens dans des logements étriqués, sans âme, pour peu également que les secteurs d’emploi n’obligent pas à des trajets lassants et onéreux.

Les architectes sont bien conscients du travail qui reste à accomplir avec les élus, les maîtres d’ouvrage, le monde des entreprises et de l’artisanat. Ils considèrent que les considérations corporatistes de quelques uns ne mèneront nulle part et certainement pas au bonheur de vivre ensemble.

Patrick Colombier

Syndicat de l'Architecture